mai 20

Autant en emporte le pan and scan

Pan and scanNous savons tous que le petit écran n’a pas pour vocation de remplacer le cinéma, mais il est tout de même dommage de voir se répandre la pratique du Pan and scan qui consiste à recadrer les films pour leur diffusion en vidéo, en fonction du format de l’écran. Claude Autant-Lara a déjà protesté contre l’amputation des films, et Federico Fellini fait un procès aux chaines TV qui saucissonnent à outrance ses œuvres. En effet, lorsqu’un film en cinémascope est recadré Pan and scan pour la vidéo, il perd visuellement 40 à 50% d’image initiale. Entre le format cinéma normal, qui était beaucoup plus carré il y a une trentaine d’années (donc plus près de l’écran TV), et le cinémascope, il y a encore trois formats intermédiaire dits panoramiques qui sont autant de segments d’images susceptibles d’être recalés pour le passage vidéo.

Le Pan and scan, c’est un peu comme si vous lisiez l’œuvre intégrale des « Misérables » de Victor Hugo dont chaque page serait estropiée disons de quelques dizaines de mots, ou si par exemple l’on vous vendait un poster du « tryptique du jardin des délices » de Jérôme Bosch seulement composé du panneau central alors que l’ œuvre n’est intéressante que parce qu’elle est composée de trois panneaux ; il s’agirait dans ce cas d’un « détail » et cette mention le plus souvent figure dans l’explicatif des tableaux. Pour des raisons techniques ciné-TV, il est évident qu’il y a toujours une petite perte de l’image originale, ce qui est normal, mais quant à « remettre en scène » en recadrant tout le film, ce procédé est carrément discutable ! Or la télévision française ainsi que la télévision suisse romande passent de plus en plus ce genre de films mutilés et même pour des émissions comme la « Dernière séance », on a vu a « Bye bye Birdie » en Pan and scan ; de quoi se demander s’il s’agit bien d’une émission sur le cinéma ! Sans parler de « West Side story », du « Pont de la rivière KwaÏ »et de bien d’autres… Nous avons fait une petite enquête chez les éditeurs vidéo pour savoir pourquoi les films vidéo sont estropiés dans leur format d’origine. Les firmes américaines sont unanimes : il y a une loi fédérale aux USA qui interdit le passage des films cinéma sur écran TV dans leur format initial. Serait-ce pour ramener le public dans les salles obscures ? Rien n’est moins sûr.

La société Thorn Emi, par exemple, s’est efforcée d’avoir un « Amadeus » vidéoscopé (par bonheur) et « La déchirure » recadré, ce qui est moins important car le film cinéma est en format normal, la perte d’image n’est que de 20% environ. En revanche, cette version distribuée en Suisse « beneficie » du sigle qui clignote toutes les 5 minutes dans le coin de l’image. Selon Thorn Emi il s’agit d’un contrôle de piratage car le film vidéo est sorti en Suisse environ six mois avant la France en raison de la loi française sur l’année d’exploitation en salles pour le passage vidéo. Chez Warner, si tous les films scopés sont recadrés, cette société a néanmoins le mérite d’inscrire au dos de la jaquette que le film a subi l’amputation Pan and scan à Burbank, en tous petits caractères. Chez CIC (Paramount Universal), Pan and scan obligatoire.
Résultat : « était une fois dans l’Ouest», insipide au possible.

mai 08

En route vers le sud !

Un voleur de chevaux de troisième catégorie, Henry Moon (Nicholson) va être pendu dans une bourgade du Texas. Or, il peut bénéficier d’un décret promulgué après la guerre de Sécession, pour remédier au manque d’hommes valides : s’il est choisi comme mari par une propriétaire terrienne célibataire, il échappe à la corde ! C’est ce qui arrive à Moon, en une scène qui rappelle celle de la Cour des Miracles dans « Notre-Dame de Paris »… Voilà donc le hors-la-loi casé, marié à !a belle Julia, qui s’est ainsi procuré la main-d’œuvre nécessaire à l’exploitation de sa mine d’or. La formation elles tribulations de ce couple mal assorti constituent le sujet du seul film réalisé par Jack Nicholson lui-même c’est une version humoristique et westernienne de « La mégère apprivoisée », où on retrouve avec plaisir l’excellente Mary Steenburgen, également héroïne de « C’était demain » et de « Ragtime ».