nov 21

La mort d’un bucheron

La mort d'un bucheronLa plus célèbre héroïne québécoise s’appelle Maria Chapdelaine, c’est le titre du roman de Louis Hémon, hymne à la culture traditionnelle, religieuse et familiale de la «Belle Province». Carole Laure ne lui ressemble en rien, mais porte un nom très proche (Marie Chapdelaine) dans ce film de Gilles Carle qui s’attache au contraire à montrer le Québec tel qu’il est aujourd’hui. Carole-Marie arrive à Montréal à la recherche de son père, rencontre un journaliste sans scrupules, se fait engager comme chanteuse topless dans un night club, retrouve l’ancienne maîtresse de son père, et toute la bande se rend au campement forestier où celui-ci a disparu. On apprendra que Tancrède Chapdelaine est mort au cours d’un affrontement avec la police. L’anecdote s’inspire d’un fait véridique, une .révolte de bûcherons en 1962. Rigoureusement construit, le film de Gilles Carle retrace l’itinéraire de Marie, qui s’accomplira en découvrant la vérité sur son passé. Inutile de préciser que les scènes les plus attrayantes sont celles du cabaret où Carole Laure dévoile généreusement sa parfaite anatomie.

Lola Montes

Avec dix-huit ans d’âge, « Lola Montes »reste un film important, faute d’être un chef-d’œuvre. C’est d’abord le testament cinématographique du cinéaste de «La ronde», «Le plaisir», «Madame de… » et bien d’autres films remarquables par la délicatesse du récit et le soin des images. «Lois Montes», tourné en scope et couleur, offre une séduisante recherche visuelle : décors foisonnants et baroques, travail de composition de l’image, costumes, mouvements de caméras, etc.Lola Montes C’est ensuite « le » film qui immortalisa Martine Carol, plus encore que « Caroline chérie ». La star scandaleuse des années 50 françaises y montre une grande sensibilité d’actrice, notamment dans les pathétiques scènes finales où une Lola Montes, épuisée et malade, est bousculée par un Monsieur Loyal brutal pour faire son numéro de plongeon sur la Jute d’un cirque aux souvenirs puis, hagarde derrière les barreaux d’une cage, tend ses mains à un public avide. Martine Carol semblait, quelque part, faite pour l’univers d’Ophuls. Il ne faut pas attendre du film de Max Ophuls, d’après un scénario de Cecil Saint-Laurent, un récit historiquement exact de la vie et des amours de la célèbre courtisane. Le film s’organise comme un roman-photo et joue sciemment avec les clichés sentimentaux. Lola Montes, attraction de cirque, se raconte : son mariage, ses amours avec Liszt, sa liaison avec le roi de Bavière et la révolution de 1948… Un programme vraiment chargé.

nov 07

L’ange du diable

Inédit en France, mais présenté au Festival de Deauville en 1980, ce film de John Berry (une des plus illustres victimes du maccarthysme) est le remake du «Angel on myshoulder» réalisé par Archie Mayo en 1946, avec Paul Muni, Ann Baxter et Claude Rains. Injustement condamné à la chambre à gaz, Eddie Kagel est exécuté et se retrouve en enfer où il rencontre le Diable en personne. Celui-ci a justement un projet : se débarrasser d’un magistrat trop intègre qui se lance dans la carrière politique, le remplacer subrepticement par une créature à lui. Eddie est justement le sosie de ce procureur. Il accepte le marché, comptant profiter de son retour sur la terre pour se venger du couple qui l’a fait accuser. Grâce à un ange providentiel, qui a le frais minois de Barbara Hershey, il accomplira sa mission et réussira à berner le Prince des ténèbres… Production plutôt cheap (manifestement un film TV) dont le suspense n’a rien de diabolique.

Viol et châtiment

Viol et châtimentMannequin réputé dans le milieu de la mode, Chris résiste aux avances d’un jeune compositeur de musique électronique qui, resté seul avec elle, abuse d’elle et la violente. La belle porte plainte, mais faute de preuve, Gordon est acquitté. Un peu plus tard il récidive en violant la propre sœur de Chris. Cette dernière, qui avait entre-temps acheté un fusil, ne fait ni une, ni deux : elle poursuit Gordon et l’abat froidement. Applaudissement dans la salle. Au cinéma, en effet, cette production Dino de Laurehtiis fonctionnait comme n’importe quel film sur l’autodéfense. Sur le petit écran vidéo, on risque d’être moins impliqué dans l’action et de juger beaucoup plus sévèrement le comportement excessif de l’héroïne. Une série B qui se prend pour un film à thèse.