août 12

Black power partie 2

Les fonctions et qualités : le VS 603 S a pour principal atout la haute fidélité. C’est un hifi stéréo au sens complet, c’est-a-dire que non seulement il restitue très fidèlement les cassettes codées en hifi stéréo, mais il peut être également utilise comme un simple magnétophone avec une autonomie de… 8 heures (cassettes E240) carrément. En effet, doté d’une double vitesse de défilement, il enregistre (et lit) à vitesse lente sans la moindre perte de qualité au niveau du son. Et lorsque nous parlons de qualité, nous sommes dans le très haut de gamme puisque la reproduction sonore est sur cet appareil (comma pour le JVC HRD 725 S ou le Brandt VK 47 S) une véritable petite merveille, proche de celle d’un compact disc A lecture laser. Soulignons, toujours à propos du son, qu’un joli tableau en façade de l’appareil permet de contrôler par diodes led le réglage du niveau d’enregistrement, et qu’une touche FM facilite les éventuels enregistrements d’émissions en couplage TV + station FM. Question utilisation, la machine est pratique et fonctionnelle. Toutes les touches sont en façade – bien situées pour la plupart – et possèdent une diode led pour contrôler leur utilisation. Une innovation : l’intérieur du logement cassettes s’allume automatiquement en début et en fin de lecture (ou d’enregistrement) ce qui est bien commode pour les manipulations dans une pièce sombre. On peut également procéder à l’éclairage manuellement pour contrôler le défilement car un miroir intérieur astucieusement place permet de voir la bande… à la verticale. Rien A dire sur la qualité d’image, elle est excellente, au meilleur niveau du VHS, sauf en vitesse réduite ou elle perd nettement de sa définition, c’est pourquoi il vaut mieux réserver cette vitesse lente aux enregistrements audio. Pour les fonctions annexes, l’Akaf VS 603 S est doté du nécessaire et du superflu : arrêt sur image, lecture rapide, image sur image, arrêt automatique en fin de bande, etc.

Monsieur plus : d’autres atouts, en faveur de la qualité générale de l’appareil, sont à signaler : par exemple une petite touche qui permet trois positions de contraste de l’image sur l’écran, indépendamment de l’enregistrement lui-même. A louanger : le silence total de l’appareil, quelles que soient les manipulations. Trop de magnétoscopes font encore des bruits incongrus. Ici, une touche « sommeil » permet même d’arrêter l’appareil automatiquement et silencieusement a l’heure que vous aurez programmée. La télécommande, à infrarouge bien sûr, est élégante (tiens, elle est grise, alors qua le scope est noir. Bizarre !) Mais surtout elle donne accès a toutes les fonctions même au tracking. Enfin une initiative très intelligente. On peut donc régler l’image à distance : ouf, ce n’est pas trop tôt ! Enfin, puisqu’il s’agit d’un Akai, l’appareil est pourvu de l’affichage interactif cher à la marque qui est à la fois utile et agaçant. Agaçant parce qua omniprésent à chaque manip et qu’on s’en passerait bien, utile parce qu’il permet – tout au moins au début – de se familiariser avec l’appareil et surtout de relire d’un seul coup d’œil sur l’écran les informations concernant les programmations que vous avez effectuées. Or l’appareil permet de mettre en mémoire 8 enregistrements sur un moi s (main qui s’amuse encore à ce genre de gymnastique !).

Résumons-nous : l’Akai VS 603 S est un super magnétoscope. Beau, race, fonctionnel mais surtout… exaltant. Car la finalité, c’est bien de regarder un film code en hifi stéréo avec une qualité de restitution optimum. Et l’Akai tient ses promesses. En ce qui me concerne, j’ai fait l’essai avec deux films très différents : « Amadeus » et « Les rues de feu ». Un grand moment. Ou plutôt, deux grands moments. Je vous le dis: mon plaisir a vraiment ressemble à celui qu’on éprouve dans une… une quoi ? Allez, je le dis : une Porsche Carrera turbo look. Noire, évidemment. Juste un dernier détail, que je dois avouer, et qui a son importance : mon Akai VS 603S était branché sur un Profeel Sony.

Quelques lacunes quand même

S’il n’y avait pas de défauts, M. Akai n’aurait plus rien à faire et se retrouverait au chômage. Suggérons-lui donc de :
• Tenter d’améliorer la qualité d’image en vitesse lente.
• Installer une prise de doublage son.
• Prévoir une touche insert.
• Prévoir une prise camera.
• Sortir le même modèle en Pal-Sécam.

juil 07

Les escrocs ont plus d’un tour dans leur sac !

L’impunité comme salaire de l’intelligence malicieuse, telle est la règle du jeu. Une trouvaille de Warren Beatty, organisateur d’un fabuleux hold-up dans « Dollars », est que la police reste complètement hors du coup puisque les victimes de son prélèvement sélectif sont des escrocs qui ne peuvent, et pour cause, porter plainte ! En conséquence de quoi ces braves gens règleront leurs problèmes en famille — et ils sont bien plus dangereux que des policiers… Le jeu du chat et de la souris est l’occupation favorite des grands escrocs et des limiers lancés à leurs trousses.
affaire Thomas CrownDans « L’affaire Thomas Crown » Steve McQueen est un banquier prospère qui organise par désœuvrement un hold-up parfait de sa propre banque. La police serait bien incapable de le confondre, aussi la compagnie d’assurances lui envoie une séduisante détective, en la personne de Faye Dunaway, qui en sera d’ailleurs pour ses frais, le rusé sachant déjouer toutes ses manœuvres, Les escrocs ont plus d’un tour dans leur sac ! Eux aussi, ce sont des héros, ils sont sympathiques au public parce qu’ils se jouent souverainement de la loi et des contraintes sociales, symbolisées évidemment par la police. Si Fellini a montré des escrocs minables dans «Il bidonne », la plupart ont le panache d’un Jean-Paul Belmondo.
On part du principe que les victimes méritent bien leur sort, en raison de leur stupidité. Au temps de la Nouvelle Vague, un film a sketches a même chanté « Les plus belles escroqueries du monde ». Il fallait voir Francis Blanche en Bavarois naïf qui se laissait convaincre d’acheter la tour Eiffel ! Avec des aigrefins aussi malins, c’est toujours la même chose : quand la police arrive, il est trop tard. Et encore faut-il qu’elle arrive, qu’elle ne se soit pas perdue en route…

Le théâtre de Guignol nous enseigne depuis l’enfance cette vérité essentielle : se moquer du gendarme est une des grandes consolations de l’existence. Le cinéma primitif appliquait déjà cette leçon en parsemant ses films d’énormes policemen que les garnements faisaient tourner en bourrique : des agents persécutés par Charlot aux escouades de flics de Mack Sennett, les fameux Keystone Cops, on en vient au cauchemar surréaliste de Buster Keaton dans « Cops », le petit homme poursuivi par tous les policiers de Chicago, qui donnera plus tard des idées à John Landis pour les « Blues Brothers ». De ces burlesques facétieux découle une longue, une inépuisable famille de flics ridicules, incapables, impuissants, inefficaces et incompétents. Le prototype existe dans la bande dessinée, ce sont les célèbres Dupond et Dupont, ces ânes bâtés à bottines a clous, épaisses moustaches et chapeaux melons — dont le plus époustouflant succédané est le stupidissime inspecteur Jacques Clouseau, l’homme à la panthère rose, qui fournit au génial Peter Sellers l’occasion de sa plus hilarante performance. La où Clouseau passe, les catastrophes se declenchent inévitablement, réussit à tout obscurcir, à tout emmêler. La police, quand c’est lui qui l’incarne, ferait mieux de ne rien faire du tout ! Hélas, pour elle, Clouseau est incontournable. Dans les histoires de détectives prives, il faut toujours un repoussoir : pour que brille le surdoué Sherlock Holmes, il faut bien que Scotland Yard soit représenté par le bêta inspecteur Lestrade. Le prestige d’Arsène Lupin exige un stupide Ganimard. On peut citer aussi, modèles de ce genre ahuri, les enquêteurs du Yard dans les deux épisodes de « L’abominable Docteur Phibes », frappés de stupeur devant les délirants forfaits du monstrueux criminel.

L’exception à cette règle, c’est Hercule Poirot : avec le melon et les moustaches dignes des Dupondt (il est d’ailleurs belge comme eux) il sauve l’honneur de la police en jouant malicieusement de son apparence balourde ! Mais n’oublions pas les fantaisistes brigades de Jean-Pierre Mocky, comme la Brigade de surveillance des églises dans « Un drôle de paroissien », dans la plus pure tradition des policiers burlesques et incapables. Faut-il souhaiter des flics plus malins ? On se le demande quand on rencontre des personnages comme Hank Quinlan, Orson Welles lui-même dans « La soif du mal », ce commissaire qui truque les enquêtes et fabrique des preuves pour coincer les suspects qu’il a choisis.
C’est l’ancêtre d’une longue galerie de flics manipulateurs, brutalisant volontiers les citoyens, qui fourmillent dans les films contestataires des années 70: Michel Bouquet dans « Un condé », Gian-Maria Volonté dans « Enquête sur un citoyen au-dessus de tout soupçon »… N’auront-ils pas un émule, si savoureux soit-il, dans l’inspecteur Lavardin que joue Jean Poiret pour Claude Chabrol ? Et si la frontière n’est jamais très nette entre la légalité et l’illégalité, on a même rencontré (au cinéma) des policiers franchement corrompus. Eh oui, des pourris, des « Ripoux » comme dirait Claude Zidi. Voila donc ce que ferait la police ? Allons, voyons, c’est du cinéma…

juin 28

J’étais au Festival du Rex !

Au Festival du Rex, là où le film d’épouvante est dans la salle autant que sur l’écran, c’est devenu un leitmotiv : au moment le plus crucial, une petite voix perçante s’écrie soudain « Mais que fait la police ? ». Eh bien oui, que font-ils donc, ces policiers qui « ne sont jamais là quand on a besoin d’eux ? » Que font-ils lorsqu’il s’agit de mettre la main au collet de ces assassins insaisissables qui défraient la chronique criminelle ? Tout se passe comme si ces génies du crime tiraient leur prestige de l’inexistence et de l’incapacité des argousins chargés de les attraper.

Festival du RexVoyez Jack l’Eventreur, dépeceur de péripatéticiennes : sur quoi sa légende se fonde-t-elle, si ce n’est sur l’impunité dont il s’arrangea. Pour faire bénéficier ses coupables activités ? Scotland Yard eut beau s’acharner, quadriller White Chapel en long et en large, le bougre ne fut jamais pris. Résultat : un siècle plus tard, il est toujours aussi populaire. Stratégie identique pour M, le maudit de Fritz Lang, autrement dit le vampire de Düsseldorf, qui échappe si bien aux forces de l’ordre que le syndicat des truands de la ville est obligé de prendre en charge sa poursuite, sa capture et… son procès ! Pauvre M, il aurait mieux fait de tomber sous la patte de la maréchaussée… Chez Fritz Lang, qui ne croit décidément pas à l’efficacité de la police allemande sous la République de Weimar, on trouve un autre génie du crime qui passe son temps à narguer toutes les polices : l’infernal Docteur Mabuse, chef d’une organisation criminelle qui trame dans l’ombre les pires complots et donne du fil à retordre au bon gros commissaire Lohmann.

Festival du RexA n’en pas douter, ces bandits de grande envergure sont les héritiers, à notre époque, des malandrins légendaires qui jadis détroussaient les riches pour distribuer aux pauvres à la barbe des soldats du Roy (non sans prélever au passage une bonne commission), les Cartouche et les Mandrin, dont le cinéma a conté les épiques aventures… L’audace et l’ingéniosité des malfaiteurs sont sans limites, et c’est justement pour cela qu’on les admire. A l’inverse, toute l’activité policière revient à mettre des bâtons dans les roues de ces habiles et méritants bandits, à court-circuiter leurs exploits, à les empêcher de battre leurs records. C’est pourquoi fleurissent les films de hold-up où les plus fins limiers se font rouler pour notre plus grand plaisir par les as de la cambriole, sous le signe de leur modèle et de leur père à tous, le grand Arsène Lupin. Une véritable escouade de voleurs élégants et virtuoses est ainsi vouée à la vénération des foules, et le cambriolage est considéré comme un des beaux-arts depuis « Du rififi chez les hommes » de Jules Dassin jusqu’au « Conseil de famille » de Costa-Gavras, en passant par « La main au collet » d’Hitchcock (où le voleur de bijoux Cary Grant, même repenti, reste séduisant), par le très britannique « De l’or en barres », par « Les spécialistes » de Patrice Leconte où l’électronique vient au secours des monte-en-l’air. Pour que leur astuce soit couronnée de succès, il va de soi que les policiers sont soigneusement éliminés et qu’ils ne réapparaissent, essoufflés et verts de rage, qu’au moment de l’inévitable poursuite, lorsqu’il faut courir sus aux chapardeurs, et c’est là que les voitures aux sirènes hurlantes vont s’emmêler les unes dans les autres en de joyeux carambolages. Ridiculiser la police est un hobby universel, particulièrement en faveur dans le cinéma américain des années 70-80 : chez George Lucas, dans « American graffiti », les flics balourds sont les victimes de toutes les farces des teenagers ; dans « Sugarland express » de Spielberg, c’est un interminable cortège de voitures de police qui prend en chasse deux sympathiques fugitifs ; le sommet est atteint avec les « Blues Brothers » de John Landis, où une armée en uniforme s’autodétruit littéralement en un immense tintamarre de ferraille pulvérisée, enchaînant sur un allègre refrain de John Belushi et Dan Aykroyd. Mais que fait la police ? Elle cherche à échapper aux bandits, plutôt que l’inverse.

mai 20

Autant en emporte le pan and scan

Pan and scanNous savons tous que le petit écran n’a pas pour vocation de remplacer le cinéma, mais il est tout de même dommage de voir se répandre la pratique du Pan and scan qui consiste à recadrer les films pour leur diffusion en vidéo, en fonction du format de l’écran. Claude Autant-Lara a déjà protesté contre l’amputation des films, et Federico Fellini fait un procès aux chaines TV qui saucissonnent à outrance ses œuvres. En effet, lorsqu’un film en cinémascope est recadré Pan and scan pour la vidéo, il perd visuellement 40 à 50% d’image initiale. Entre le format cinéma normal, qui était beaucoup plus carré il y a une trentaine d’années (donc plus près de l’écran TV), et le cinémascope, il y a encore trois formats intermédiaire dits panoramiques qui sont autant de segments d’images susceptibles d’être recalés pour le passage vidéo.

Le Pan and scan, c’est un peu comme si vous lisiez l’œuvre intégrale des « Misérables » de Victor Hugo dont chaque page serait estropiée disons de quelques dizaines de mots, ou si par exemple l’on vous vendait un poster du « tryptique du jardin des délices » de Jérôme Bosch seulement composé du panneau central alors que l’ œuvre n’est intéressante que parce qu’elle est composée de trois panneaux ; il s’agirait dans ce cas d’un « détail » et cette mention le plus souvent figure dans l’explicatif des tableaux. Pour des raisons techniques ciné-TV, il est évident qu’il y a toujours une petite perte de l’image originale, ce qui est normal, mais quant à « remettre en scène » en recadrant tout le film, ce procédé est carrément discutable ! Or la télévision française ainsi que la télévision suisse romande passent de plus en plus ce genre de films mutilés et même pour des émissions comme la « Dernière séance », on a vu a « Bye bye Birdie » en Pan and scan ; de quoi se demander s’il s’agit bien d’une émission sur le cinéma ! Sans parler de « West Side story », du « Pont de la rivière KwaÏ »et de bien d’autres… Nous avons fait une petite enquête chez les éditeurs vidéo pour savoir pourquoi les films vidéo sont estropiés dans leur format d’origine. Les firmes américaines sont unanimes : il y a une loi fédérale aux USA qui interdit le passage des films cinéma sur écran TV dans leur format initial. Serait-ce pour ramener le public dans les salles obscures ? Rien n’est moins sûr.

La société Thorn Emi, par exemple, s’est efforcée d’avoir un « Amadeus » vidéoscopé (par bonheur) et « La déchirure » recadré, ce qui est moins important car le film cinéma est en format normal, la perte d’image n’est que de 20% environ. En revanche, cette version distribuée en Suisse « beneficie » du sigle qui clignote toutes les 5 minutes dans le coin de l’image. Selon Thorn Emi il s’agit d’un contrôle de piratage car le film vidéo est sorti en Suisse environ six mois avant la France en raison de la loi française sur l’année d’exploitation en salles pour le passage vidéo. Chez Warner, si tous les films scopés sont recadrés, cette société a néanmoins le mérite d’inscrire au dos de la jaquette que le film a subi l’amputation Pan and scan à Burbank, en tous petits caractères. Chez CIC (Paramount Universal), Pan and scan obligatoire.
Résultat : « était une fois dans l’Ouest», insipide au possible.

avr 15

Retour sur Sang pour sang (blood simple)

Sang pour sangA coup sûr, voici un des films les plus étonnants des dernières années. Amateurs d’insolite, vous vous régalerez avec ce thriller mystérieux, cocktail d’humour et d’épouvante. Au départ, un cadavre qui disparaît : il s’ensuivra le plus invraisemblable enchaînement de quiproquos et de malentendus qu’on ait vu dans une série noire. Entre le détective privé-tueur à gages qui prétend qu’il a tué, celui qui fait disparaître les traces d’un crime qu’il n’a pas commis en croyant innocenter sa femme, les scènes de grand guignol se succèdent (avec l’inévitable mort récalcitrant qui refuse de se laisser enterrer et qu’il faut achever à coups de pelle !). On s’achemine vers le clou du spectacle : la jeune femme poursuivie par le méchant et porcin détective privé (extraordinaire M. Emmet Walsh) et qui finira par lui « épingler » la main au couteau à travers l’embrasure d’une fenêtre. Le tout sur quelques allègres refrains, nerveusement filmé par une caméra qui multiplie les angles bizarres, avec des couleurs vives et contrastées, a tout ce qu’il faut pour devenir un « film-culte ».

Le flic de Beverly Hills

Le flic de Beverly Hills« L’as des as » version US. Un policier fait sur mesure pour Eddie Murphy, cantonné à tout jamais dans les rôles de Noir drôle et sympathique qui bouscule les conventions vis-à-vis des Blancs. Axel Fowley (Eddie Murphy) est policier. Envoyé sur une piste à Beverly Hills par un concours de circonstances que je me garderais bien de vous raconter, il se trouve entraîné dans une série de péripéties burlesques. Le talent d’Eddie Murphy porte le film, comme il portait déjà « 48 heures » ou « Un fauteuil pour deux ». Le phénomène Murphy aux Etats-Unis marche fort. Il marche fort en France également. Il faut reconnaître que le cocktail explosif humour-insolence-irrévérence et l’impossible dégaine d’Eddy Murphy en font un acteur tout à fait exceptionnel.

mar 16

Péril en la demeure

Péril en la demeureDavid (Christophe Malavoy) est professeur de musique. Engagé dans une maison bourgeoise pour donner des leçons de guitare à la grande fille (Anas Jeanneret, qui ne montre pas encore ses jolis seins ici comme dans « Lui » ou « Un été 36 »), il se laisse séduire par la mère, Julia (Nicole Garcia). Julia lui fait des avances et le poursuit jusque chez lui, ce qui nous vaut quelques scènes d’amour dénuées de toute hypocrisie (comme le prouve l’affiche du film, qui causa son petit scandale).
David redoute cependant les réactions du mari, manifestement ombrageux et jaloux (Michel Piccoli), d’autant plus qu’il est agressé en rentrant chez lui… et secouru de justesse par un curieux personnage (Richard Bohringer) qui lui offre son amitié ambiguë. David rencontre encore l’extravagante voisine de la famille (Anémone). Il découvre bientôt un complot, une préméditation de meurtre, et une adolescente moins innocente qu’il ne l’aurait cru… Le tout compose un film insolite, comme le cinéma français n’en propose pas souvent — bien qu’il soit, justement, extraordinairement « français ».

Lune de miel

Lune de mielParce que son Richard Berry de mari se retrouve en prison à New York pour une sombre affaire de cocaïne, Cécile (Nathalie Baye) est menacée d’expulsion. Une seule solution pour rester aux côtés du dealer pas doué et emprisonné contracter un mariage blanc. L’élu du hasard et de la nécessité inscrit sur la liste de l’agence matrimoniale spécialisée est un certain Zach Freestamp (John Shea), un inconnu qui devrait le rester. Mais Zach ne va pas se contenter d’enfreindre la loi de l’anonymat, il va carrément se prendre pour le légitime de Cécile allant même jusqu’à s’installer chez elle… D’abord furieuse, puis agacée, puis calmée et même sous le charme étrange de ce mari « acheté », Cécile, seule à New York et très paumée, va peu à peu découvrir la vraie nature de Zach.

Celui-ci développe au fil du film un comportement névrotique de plus en plus marqué Norman Bates alias Perkins in « Psychose »… L’affaire va vite tourner au cauchemar. Bon suspense pour un film bilingue jouant sur plus d’un tableau référentiel : Hitchcock, Welles, etc. John Shea est trouble et crédible. Dommage que Nathalie Baye accentue un peu trop le côté pile électrique de son personnage. En plus sobre, elle aurait été parfaite et le film y aurait gagné en malaise.

jan 24

Les informations sur Starman

Le 20 avril 1 977, les terriens (les Américains, pour être précis) envoyèrent la sonde Voyager 2 dans les espaces lointains avec, à son bord, un appel à toute forme de vie et une invitation à visiter notre planète… John Carpenter imagine qu’un E.T. a accepté l’invitation et doit se rendre à l’évidence : les militaires et les scientifiques ne sont pas aussi hospitaliers que le sous-entendait le message. En revanche, le brave et anonyme quidam se montre nettement plus tolérant. Un E.T., gentil et balourd, tombe à côté d’une ferme et prend l’apparence du défunt mari de la propriétaire du lieu. Le premier moment de surprise passé, celle-ci s’attache au visiteur et décide de l’aider à rejoindre son vaisseau qui l’attend à deux mille kilomètres de là.

StarmanLe sujet rappelle un, peu (et même beaucoup !) celui du film de Steven Spielberg. Mais Carpenter connaît suffisamment le cinéma (il l’a prouvé avec des films comme « Halloween » ou « New York 1997 ») pour éviter le piège du plagiat. Son « Starman » joue la carte de la fuite pleine de tendresse et d’humour, un peu à la manière du « New York-Miami » de Frank Capra, avec Clark Gable et Claudette Colbert. Il s’offre pourtant quelques solides scènes de courses-poursuites, où la tôle froissée ne manque pas. La grande surprise du film reste cependant la transformation de l’extra-terrestre en humain, réalisée par trois des plus grands maîtres des effets spéciaux et du maquillage : Dick Smith (« Au-delà du réel »), Rick Baker (« Greys-toke ») et Stan Winston (« Terminator »).

jan 04

A la recherche de Mr. Goodbar

A la recherche de M GoodbarJeune femme bien élevée, issue d’un milieu catholique, éducatrice dans une école pour enfants sourds, Theresa fréquente, la nuit tombée, les « single bars » des quartiers louches — ces bars pour célibataires où les rencontres sont faciles. Vertu le jour, débauche la nuit : telle est sa vie jusqu’à la rencontre de Tony (Richard Gere), un jeune voyou qui s’incruste, et la fait chanter… Ceci n’est pas une nouvelle version de « Dr Jekyll et Mr Hyde »! Rien de manichéen dans ce portrait d’une fille d’aujourd’hui, juste un peu paumée et sévèrement handicapée par une éducation rigide. Diane Keaton, maîtrisant son rôle avec une générosité rayonnante, nous le fait comprendre le temps et l’énergie que Theresa consacre à ses élèves handicapés, elle les sacrifie avec autant de bonne volonté à sa recherche de « Mr Goodbar », de l’oiseau rare, pas seulement la bonne affaire sexuelle. Elle se donne sans arrière-pensée, en quoi elle est sympathique. On regrette seulement que le film de Brooks reste aussi moralisateur et lourdement psychanalytique, d’autant plus que le dénouement prend une allure de péroraison puritaine — c’est dommage !

La route des Indes

Metteur en scène de « Lawrence d’Arabie » et de « Docteur Jivago », l’Anglais David Lean, qui n’avait pas tourné depuis quinze ans, évoque ici l’Inde coloniale des années 20. Une jeune Anglaise (Judy Davis) débarque à Chandra pore pour rendre visite à son fiancé, jeune magistrat rigide, en compagnie de la mère de celui- ci (la savoureuse Peggy Ashcroft, Oscar du second rôle). Un Indien, le docteur Aziz, les invite à un pique-nique malgré la réprobation générale. Que se passe-t-il au cours de cette promenade dans la montagne ? Toujours est-il que la jeune fille s’enfuit en accusant le médecin d’avoir tenté de la violer. Le procès qui va s’ensuivre, exploité par les mouvements nationalistes, va exacerber les sentiments anti-anglais de la population. Bref, cette énigme policière et psychologique d’une pesante ambiguïté se déroule dans le climat explosif d’un régime colonial finissant qui donne une résonnance impressionnante à cette nouvelle fresque de David Lean — remarquablement interprétée par la si anglaise Judy Davis et le surprenant acteur indien Victor Banerjee, sans oublier Sir Alec Guinness en gourou !