nov 21

La mort d’un bucheron

La mort d'un bucheronLa plus célèbre héroïne québécoise s’appelle Maria Chapdelaine, c’est le titre du roman de Louis Hémon, hymne à la culture traditionnelle, religieuse et familiale de la «Belle Province». Carole Laure ne lui ressemble en rien, mais porte un nom très proche (Marie Chapdelaine) dans ce film de Gilles Carle qui s’attache au contraire à montrer le Québec tel qu’il est aujourd’hui. Carole-Marie arrive à Montréal à la recherche de son père, rencontre un journaliste sans scrupules, se fait engager comme chanteuse topless dans un night club, retrouve l’ancienne maîtresse de son père, et toute la bande se rend au campement forestier où celui-ci a disparu. On apprendra que Tancrède Chapdelaine est mort au cours d’un affrontement avec la police. L’anecdote s’inspire d’un fait véridique, une .révolte de bûcherons en 1962. Rigoureusement construit, le film de Gilles Carle retrace l’itinéraire de Marie, qui s’accomplira en découvrant la vérité sur son passé. Inutile de préciser que les scènes les plus attrayantes sont celles du cabaret où Carole Laure dévoile généreusement sa parfaite anatomie.

Lola Montes

Avec dix-huit ans d’âge, « Lola Montes »reste un film important, faute d’être un chef-d’œuvre. C’est d’abord le testament cinématographique du cinéaste de «La ronde», «Le plaisir», «Madame de… » et bien d’autres films remarquables par la délicatesse du récit et le soin des images. «Lois Montes», tourné en scope et couleur, offre une séduisante recherche visuelle : décors foisonnants et baroques, travail de composition de l’image, costumes, mouvements de caméras, etc.Lola Montes C’est ensuite « le » film qui immortalisa Martine Carol, plus encore que « Caroline chérie ». La star scandaleuse des années 50 françaises y montre une grande sensibilité d’actrice, notamment dans les pathétiques scènes finales où une Lola Montes, épuisée et malade, est bousculée par un Monsieur Loyal brutal pour faire son numéro de plongeon sur la Jute d’un cirque aux souvenirs puis, hagarde derrière les barreaux d’une cage, tend ses mains à un public avide. Martine Carol semblait, quelque part, faite pour l’univers d’Ophuls. Il ne faut pas attendre du film de Max Ophuls, d’après un scénario de Cecil Saint-Laurent, un récit historiquement exact de la vie et des amours de la célèbre courtisane. Le film s’organise comme un roman-photo et joue sciemment avec les clichés sentimentaux. Lola Montes, attraction de cirque, se raconte : son mariage, ses amours avec Liszt, sa liaison avec le roi de Bavière et la révolution de 1948… Un programme vraiment chargé.

nov 07

L’ange du diable

Inédit en France, mais présenté au Festival de Deauville en 1980, ce film de John Berry (une des plus illustres victimes du maccarthysme) est le remake du «Angel on myshoulder» réalisé par Archie Mayo en 1946, avec Paul Muni, Ann Baxter et Claude Rains. Injustement condamné à la chambre à gaz, Eddie Kagel est exécuté et se retrouve en enfer où il rencontre le Diable en personne. Celui-ci a justement un projet : se débarrasser d’un magistrat trop intègre qui se lance dans la carrière politique, le remplacer subrepticement par une créature à lui. Eddie est justement le sosie de ce procureur. Il accepte le marché, comptant profiter de son retour sur la terre pour se venger du couple qui l’a fait accuser. Grâce à un ange providentiel, qui a le frais minois de Barbara Hershey, il accomplira sa mission et réussira à berner le Prince des ténèbres… Production plutôt cheap (manifestement un film TV) dont le suspense n’a rien de diabolique.

Viol et châtiment

Viol et châtimentMannequin réputé dans le milieu de la mode, Chris résiste aux avances d’un jeune compositeur de musique électronique qui, resté seul avec elle, abuse d’elle et la violente. La belle porte plainte, mais faute de preuve, Gordon est acquitté. Un peu plus tard il récidive en violant la propre sœur de Chris. Cette dernière, qui avait entre-temps acheté un fusil, ne fait ni une, ni deux : elle poursuit Gordon et l’abat froidement. Applaudissement dans la salle. Au cinéma, en effet, cette production Dino de Laurehtiis fonctionnait comme n’importe quel film sur l’autodéfense. Sur le petit écran vidéo, on risque d’être moins impliqué dans l’action et de juger beaucoup plus sévèrement le comportement excessif de l’héroïne. Une série B qui se prend pour un film à thèse.

oct 23

Romances et confidences

Vincenzina (Ornella Muti) est arrivée depuis peu de temps à Milan avec toute sa famille et toute sa naïveté de jeune provinciale. Est-ce l’air de la ville qui la met dans tous ses états, mais elle prend soudain conscience de sa condition d’épouse aliénée! Elle choisit alors d’assumer seule sa vie de femme, d’ouvrière et de mère. Son époux, Giulio (Tognazzi), un pauvre bougre, tente de se montrer à la hauteur des circonstances.Romances et confidences Jouant vainement le mari aux idées larges, il prend lui aussi conscience du gâchis de son existence. Le bilan qu’il fait est sans joie. Il n’a su en fait protéger que sa bande de copains, des sortes de «vitelloni» du prolétariat. «Romances et confidences» est, comme son titre original («Romanzo popolare») l’indique, une romance populaire qui raconte l’histoire d’amour banale de gens du peuple et dont le récit s’articule autour des effets et du style des romans-photos, très pris en Italie, et que l’on appelle les «fumetti». Mais Monicelli ne se contente pas de ce degré zéro de la littérature de gare; il lui donne une autre dimension et loin d’être misérabiliste, son film: tourne très vite à la satire sociale. Celle de la politique menée à l’époque (en 1974) par la démocratie chrétienne. A ce niveau, la jalousie, l’adultère et le cocufiage ont aussi une dimension politique. Encore une fois, le miracle longtemps entretenu par le cinéma italien se renouvelle. Monicelli réussit mieux que quiconque à faire passer les idées les moins frivoles à travers un propos plutôt rieur. Il parvient tout à la fois à nous émouvoir et nous faire rire avec des personnages du commun. Ses acteurs, tous excellents, le lui rendent bien comme on aimerait que toutes les mères de famille ressemblent à Ornella Muti !

oct 02

Il y a longtemps que je t’aime

Il y a un cinéma Jean-Charles Tacchella, un style qui s’est imposé avec l’énorme succès de «Cousin cousine», une manière impressionniste de rassembler sur un écran les mille et un détails qui font la vie et caractérisent la petite bourgeoisie française. Comme les autres films de Tacchella, « Il y a longtemps que je t’aime » est une peinture douce amère, tendre et aiguë un couple en crise.Il y a longtemps que je t'aime François et Brigitte ont derrière eux vingt-cinq ans de mariage, trois enfants et quelques petits enfants. Ils s’aiment bien, mais d’un commun accord, ont décidé de se séparer, de vivre enfin leur vie et de faire l’expérience séduisante de la liberté. Lui, interprété par un Jean Carmel en pleine forme, choisit la bohème. Une nuit passé chez l’un, une nuit chez l’autre. L’aventure, loin de son atelier de serrurerie, au gré des passants, au gré du cœur. Elle, qui a le charme distingué de Marie Dubois, est plus sage. Elle continue à travailler dans le prêt à porter. Elle s’autorise une amourette avec un cinéphile, mais tout en restant très maîtresse de ses sentiments. Et, tout autour de ces deux oiseaux quadra et quinquagénaires échappés de leur cage, la famille et les amis s’inquiètent, organisent des rencontres ou même leur font la morale. Avec Jean-Charles Tacchella, cette promenade dans un Paris très quotidien a des allures de redécouverte. Les passants deviennent touchants et même intéressants. Du cinéma léger, mais l’air de rien, du sacré cinéma.

Au nom du peuple italien

Sans que cela soit péjoratif, Dino Risi est sans doute le plus « léger » des cinéastes de sa génération. Entendons par là qu’il a plus souvent fait œuvre d’amuseur que de pamphlétaire. C’est pourquoi ce film, profondément politique, n’a pas connu le même succès que ses autres œuvres.Au nom du peuple italien Méconnu, «Au nom du peuple italien» n’en reste pas moins un repaire dans le cinéma de la dernière décennie. Il n’est d’ailleurs pas sans rappeler une célèbre histoire judiciaire française qui, à ce jour, n’a pas encore connu son épilogue. Initialement, ce scénario imaginé par le tandem Age-Scarpelli devait s’appeler » Face à face » car il met en scène deux visages de la société italienne un juge (bien sûr au dessus de tout soupçon, interprété par Tognazzi) et un corrupteur (Vittorio Gassman). Maniaque de l’honnêteté, le juge Bonifazi compense la modestie de son train de vie par les pouvoirs illimités que lui confère sa charge de magistrat. Il lutte contre tous ceux que l’on appelle «les puissants» : les fraudeurs, les industriels, les promoteurs. Enquêtant sur la mort d’une jeune fille, il s’aperçoit qu’un important homme d’affaires, Lorenzo Santenocito, a de sérieuses raisons d’être impliqué dans ce meurtre. Bien connu pour ses tentatives de corruption, Santenocito, apparaît très vite aux yeux du juge comme le suspect numéro un. Tous ses alibis sont réfutés systématiquement par l’homme de loi. Possédant pourtant la preuve de l’innocence de l’industriel, Bonifazi poursuit le combat qu’il a engagé. Il fait arrêter l’industriel elle met en prison. Ainsi, le juge prouve sa supériorité face au pouvoir de l’argent. En condamnant ce «puissant», il estime avoir fait œuvre de salubrité publique. Son idéal politique l’emportant sur la morale judiciaire. Assez mal reçu en Italie, ce film qui n’exclut pas non plus l’humour de son propos, a malheureusement prouvé plusieurs fois que la fiction rejoignait souvent la réalité. A conseiller à tous ceux qui se sont passionnés pour l’affaire de Bruay-en-Artois.

sept 16

Ma femme est une sorcière

Ma femme est une sorcièreTransplanté à Hollywood pendant la seconde Guerre mondiale, le futur académicien René Clair y trouva un climat propice à sa fantaisie et à sa légèreté et, s’adaptant parfaitement au système de travail des grands studios, y tourna une série de film fantastico-humoristiques, dont «Fantôme à vendre», «C’est arrivé demain» et «Ma femme est une sorcière». Pour celui-ci, il engagea la merveilleuse Veronika Lake, la séduisante cover-girl qui doit une grande part de sa renommée à l’originalité de sa coiffure, de cette mèche blonde qui lui cachait un œil en mettant l’autre en valeur. Elle incarne ici une sorcière réincarnée qui enfreint les bis de sa confrérie en tombant amoureuse d’un politicien (le digne Fréderic March) qu’elle épousera après avoir déployé tous ses pouvoirs magiques pour contrecarrer la cérémonie et compromettre l’élection du malheureux complètement déconcerté. Un spectacle agréable, souriant spirituellement dialogué et finement joué.

Le rebelle

Le rebelleIssu d’un milieu très modeste, Pierre Jouffroy aurait pu connaitre la destinée de la part des garçons de sa génération et de sa classe vivre, après une période de révolte très tôt dissipée, une existence médiocre, grise et soumise. Mais il est d’une autre race. Celle des battants. Pour lui et pour sa jeune sœur, dont il a la charge depuis la mort de ses parents, il imagine d’autres horizons que ceux délimités par les HLM de Maisons-Alfort. Alors, il «se débrouille»… S’il refuse le travail, s’il vole et s’il casse, c’est parce qu’il est habité par une sorte de révolte primitive, instinctive. La conservation avant tout, voilà son leitmotiv, son cri de guerre. Il refuse les conciliations, les compromissions avec la société de son temps. Aucun discours moral ou politique (un copain tente de l’embrigader dans les Jeunesses communistes) n’a de prise sur lui. Pierre ira jusqu’au bout de sa rébellion pour survivre. Implacable engrenage de la violence. Il ira jusqu’au meurtre pour venir à bout de son idéal. Car Pierre est bel et bien un idéaliste dans toute sa naïveté. Ses gestes criminels lui apparaissent comme nécessaires à sa survie et à celle de sa sœur qu’il aime plus que tout au monde… Une nouvelle fois, Gérard Blain trace sans lyrisme, sans emphase un merveilleux portrait de révolté, de solitaire. Mais avant tout, et comme dans ses précédents films « Le pélican » ou « Le second souffle » il nous raconte, avec une certaine froideur apparente, une merveilleuse histoire d’amour, le meilleur du film est sans doute là, dans ces moments où il décrit, sans sensiblerie, les sentiments qui lient un frère à une sœur. Il donne à ces instants d’affection un poids de vérité d’une grande justesse Son «Rebelle» a un cœur d’artichaut. Une œuvre admirable et méconnue. Deux bonnes raisons de la découvrir.

sept 03

Le fantôme, ma femme et moi

Inédite en salles, cette comédie fantastique italienne (le titre original est «La casa stregata») est une très agréable surprise. Pourtant, à la base, on avait de quoi être inquiet. Renato Pozzetto est, de l’autre côté des Alpes, le grand comique national. Une sorte de Coluche qui aurait perdu sa verve iconoclaste. Pozzetto, c’est le genre grassouillet, sérieux comme un pape. Tout dans le masque. En France, on l’a peu vu, principalement dans «Je suis photogénique» de Dino Risi. Quant à sa partenaire, la blonde et fort aguichante Gloria Guida, ses principales références pour le public français sont des comédies légèrement érotiques style «La lycéenne est dans les vaps». Le prétexte du film est simple : un employé de banque et sa jeune épouse s’installent dans une somptueuse demeure habitée par un fantôme qui les empêche de… consommer leur mariage. Bruno Corbucci construit un divertissement solide où les gags sont soutenus par des effets spéciaux très séduisants. Le fantôme farceur à une sacrée façon de faire tout, voler quand il joue du violoncelle, de vider la piscine quand on y plonge ou de faire exploser les voitures. Alors que le jeune couple, malgré la présence de belle maman, n’a qu’une idée fixe «fasciamo l’amore», le fantôme invente tous les tours possibles pour arriver à ses fins. Corbucci fait dans le cinéma populaire. Il n’en a pas honte. Son film sait exploiter les situations comiques sans s’y attarder. L’ensemble est rythmé, solide et quelquefois même caractéristique à l’égard du climat de violence de l’Italie contemporaine : la banque où travaille Pozzetto n’arrête pas d’être attaquée… Ce qui finit par créer une complicité entre employés et malfaiteurs.

août 21

Changement de saisons

Ben que typiquement américaine, cette comédie pourrait être basée sur le vieux proverbe bien de chez nous qui dit, élégamment, «changement d’herbage réjouit les veaux». C’est le couple parfait, la quarantaine, mais si jeune pour leur âge. Lui enseigne Shakespeare à l’université. Un jour il donne des cours très particuliers à l’une de ses ravissantes élèves. Il l’emmène en voyage d’études à Montréal. Alors sa madame légitime va en profiter pour demander au robuste et beau menuisier de passage dans la maison quelques formes de bricolage improvisé.Changement de saisons Pour qu’il y ait une situation il faudra bien sûr que le mari rentre à l’improviste et que tout le monde se retrouve pour des vacances à quatre dans le même chalet de montagne. Il faut des comédiens hors pair pour enlever cette sorte de quiproquos où les gens ne perdent jamais leur calme et discutent de tout avec humour au lieu de s’envoyer la vaisselle à la tête comme ils le feraient sans doute dans la réalité. Heureusement, ici, Shirley Mac Laine est superbe dans l’ironie blessée, le sourire au bord des larmes. D’ailleurs même sa rivale la trouve très sexy et elle a raison. C’est Bo Derek qui avait ici l’occasion de prouver qu’elle pouvait être autre chose qu’un bel objet décoratif. Entre les deux, le mari Anthony Hopkins est l’image même de la confusion. Il a à choisir entre deux femmes et aussi deux modes de vie : d’un côté une élégante Porsche où l’on s’ennuie en écoutant un concerto pour violon sur la stéréo, de l’autre un invraisemblable camion-caravane avec une sorte de maison en bois sur le toit où l’on rigole en bouffant des sandwiches géants. Alors il en vient à penser que la fidélité c’est vieux jeu, et l’on serait tenté de lui donner raison après avoir v1J dès le générique Bo Derek émerger nue de l’eau, au ralenti, et rejeter ses cheveux mouillés en arrière ! Mais sa femme, qui vient de passer vingt et un ans à repasser ses slips, taper ses textes et mijoter de bons petits plats, ne mérite-t-elle pas un meilleur sort? La morale aigre-douce de l’histoire est que, je cite «à quarante ans un homme est encore jeune, une femme ne l’est plus».

août 12

Black power partie 2

Les fonctions et qualités : le VS 603 S a pour principal atout la haute fidélité. C’est un hifi stéréo au sens complet, c’est-a-dire que non seulement il restitue très fidèlement les cassettes codées en hifi stéréo, mais il peut être également utilise comme un simple magnétophone avec une autonomie de… 8 heures (cassettes E240) carrément. En effet, doté d’une double vitesse de défilement, il enregistre (et lit) à vitesse lente sans la moindre perte de qualité au niveau du son. Et lorsque nous parlons de qualité, nous sommes dans le très haut de gamme puisque la reproduction sonore est sur cet appareil (comma pour le JVC HRD 725 S ou le Brandt VK 47 S) une véritable petite merveille, proche de celle d’un compact disc A lecture laser. Soulignons, toujours à propos du son, qu’un joli tableau en façade de l’appareil permet de contrôler par diodes led le réglage du niveau d’enregistrement, et qu’une touche FM facilite les éventuels enregistrements d’émissions en couplage TV + station FM. Question utilisation, la machine est pratique et fonctionnelle. Toutes les touches sont en façade – bien situées pour la plupart – et possèdent une diode led pour contrôler leur utilisation. Une innovation : l’intérieur du logement cassettes s’allume automatiquement en début et en fin de lecture (ou d’enregistrement) ce qui est bien commode pour les manipulations dans une pièce sombre. On peut également procéder à l’éclairage manuellement pour contrôler le défilement car un miroir intérieur astucieusement place permet de voir la bande… à la verticale. Rien A dire sur la qualité d’image, elle est excellente, au meilleur niveau du VHS, sauf en vitesse réduite ou elle perd nettement de sa définition, c’est pourquoi il vaut mieux réserver cette vitesse lente aux enregistrements audio. Pour les fonctions annexes, l’Akaf VS 603 S est doté du nécessaire et du superflu : arrêt sur image, lecture rapide, image sur image, arrêt automatique en fin de bande, etc.

Monsieur plus : d’autres atouts, en faveur de la qualité générale de l’appareil, sont à signaler : par exemple une petite touche qui permet trois positions de contraste de l’image sur l’écran, indépendamment de l’enregistrement lui-même. A louanger : le silence total de l’appareil, quelles que soient les manipulations. Trop de magnétoscopes font encore des bruits incongrus. Ici, une touche « sommeil » permet même d’arrêter l’appareil automatiquement et silencieusement a l’heure que vous aurez programmée. La télécommande, à infrarouge bien sûr, est élégante (tiens, elle est grise, alors qua le scope est noir. Bizarre !) Mais surtout elle donne accès a toutes les fonctions même au tracking. Enfin une initiative très intelligente. On peut donc régler l’image à distance : ouf, ce n’est pas trop tôt ! Enfin, puisqu’il s’agit d’un Akai, l’appareil est pourvu de l’affichage interactif cher à la marque qui est à la fois utile et agaçant. Agaçant parce qua omniprésent à chaque manip et qu’on s’en passerait bien, utile parce qu’il permet – tout au moins au début – de se familiariser avec l’appareil et surtout de relire d’un seul coup d’œil sur l’écran les informations concernant les programmations que vous avez effectuées. Or l’appareil permet de mettre en mémoire 8 enregistrements sur un moi s (main qui s’amuse encore à ce genre de gymnastique !).

Résumons-nous : l’Akai VS 603 S est un super magnétoscope. Beau, race, fonctionnel mais surtout… exaltant. Car la finalité, c’est bien de regarder un film code en hifi stéréo avec une qualité de restitution optimum. Et l’Akai tient ses promesses. En ce qui me concerne, j’ai fait l’essai avec deux films très différents : « Amadeus » et « Les rues de feu ». Un grand moment. Ou plutôt, deux grands moments. Je vous le dis: mon plaisir a vraiment ressemble à celui qu’on éprouve dans une… une quoi ? Allez, je le dis : une Porsche Carrera turbo look. Noire, évidemment. Juste un dernier détail, que je dois avouer, et qui a son importance : mon Akai VS 603S était branché sur un Profeel Sony.

Quelques lacunes quand même

S’il n’y avait pas de défauts, M. Akai n’aurait plus rien à faire et se retrouverait au chômage. Suggérons-lui donc de :
• Tenter d’améliorer la qualité d’image en vitesse lente.
• Installer une prise de doublage son.
• Prévoir une touche insert.
• Prévoir une prise camera.
• Sortir le même modèle en Pal-Sécam.

juil 22

Black power partie 1

Quoi de plus banal qu’un magnétoscope. Noir ou gris, en fer ou en plastique, la machine a pour principale fonction de conduire le déroulement dune bande magnétique qui vous restituera, sur l’écran d’un téléviseur, un film que vous avez choisi et que vous pourrez regarder à l’heure de votre choix. Pourquoi, direz-vous, se soucier de la marque, du design ou de ces diableries de gadgets dont vous assommez le constructeur pour justifier la perpétuelle augmentation de ses tarifs !
magnétoscope black power
Ainsi parlait le conducteur de 2 CV, qui, habitué à se déplacer d’un point A à un point B sans jamais y mettre d’affectation, ignorait que les possesseurs de Porsche ou de Ferrari ont une relation toute différente avec leur véhicule. Entre le point A et le point B de leur destination, Ferraristes et Porschistes passant par un genre de point G (voir notre article dans le dernier numéro) qui les propulse tout droit dans l’extase. Il en est des magnétoscopes comme des automobiles. Il y a les « utilitaires » communément appelles bas de gamme et il y a les must, les top-niveau, ceux qui doublent leur fonction utile, d’une fonction plaisir, aussi bien au sens tactile qu’au sens cérébral du mot. Comme le JVC HRD 725S, l’AkaÏ VS 603S fait partie de la race des seigneurs. Par l’ensemble de ses qualités et de ses capacités comme par son design, il est un appareil hors du commun.

Le look: ligne basse, encombrement réduit (44 x 10 x 37 cm), poids raisonnable (10 kg), il jouit d’un design totalement high tech, du meilleur goût, et il est habillé non de méchant plastique, mais de métal noir anodisé. La façade, à chargement frontal, est technico-élégante et ne mérite aucune critique. Il est évident que ce look doit s’assortir d’un téléviseur approprié, de génération récente pour une bonne harmonie de votre coin vidéo. Mais vous pouvez tout aussi bien (et c’est notre conseil) installer ce scope dans votre ensemble hifi, puisqu’il à une réelle vocation de magnétophone.
Les branchements : ils sont simples et pratiques. L’AkaÏ VS 603 S est muni sur la face arrière d’une sortie péritélévision qui regroupe donc sous le même câble l’entrée/sortie audio aussi bien que vidéo. Par ailleurs, 4 prises de type RCA séparées (entrée/sortie audio + entrée/sortie vidéo) directement branchées sur le tuner du magnétoscope, permettent de se raccorder à un décodeur Canal +, pour enregistrer cette chaîne soit avec le téléviseur éteint, soit en regardant un autre programme. Rappelons en la matière que AkaÏ fut le premier constructeur à concevoir des appareils directement compatibles Canal +, pour le plus grand plaisir des anti-bidouilleurs (dont je fais partie…). Toujours sur le panneau arrière, remarquons – entre l’entrée et la sortie antenne – un petit bouton poussoir qui permets d’atténuer le signal vidéo (et donc d’éviter toute saturation) lorsque vous vous trouvez à proximité d’un émetteur. Comment caler le tuner sur les chaînes TV? Un scanner le fait automatiquement. Il vous suffit de mettre chaque chaîne en mémoire dès que le scanner s’arrête dessus (16 canaux peuvent être ainsi préréglées).

juil 07

Les escrocs ont plus d’un tour dans leur sac !

L’impunité comme salaire de l’intelligence malicieuse, telle est la règle du jeu. Une trouvaille de Warren Beatty, organisateur d’un fabuleux hold-up dans « Dollars », est que la police reste complètement hors du coup puisque les victimes de son prélèvement sélectif sont des escrocs qui ne peuvent, et pour cause, porter plainte ! En conséquence de quoi ces braves gens règleront leurs problèmes en famille — et ils sont bien plus dangereux que des policiers… Le jeu du chat et de la souris est l’occupation favorite des grands escrocs et des limiers lancés à leurs trousses.
affaire Thomas CrownDans « L’affaire Thomas Crown » Steve McQueen est un banquier prospère qui organise par désœuvrement un hold-up parfait de sa propre banque. La police serait bien incapable de le confondre, aussi la compagnie d’assurances lui envoie une séduisante détective, en la personne de Faye Dunaway, qui en sera d’ailleurs pour ses frais, le rusé sachant déjouer toutes ses manœuvres, Les escrocs ont plus d’un tour dans leur sac ! Eux aussi, ce sont des héros, ils sont sympathiques au public parce qu’ils se jouent souverainement de la loi et des contraintes sociales, symbolisées évidemment par la police. Si Fellini a montré des escrocs minables dans «Il bidonne », la plupart ont le panache d’un Jean-Paul Belmondo.
On part du principe que les victimes méritent bien leur sort, en raison de leur stupidité. Au temps de la Nouvelle Vague, un film a sketches a même chanté « Les plus belles escroqueries du monde ». Il fallait voir Francis Blanche en Bavarois naïf qui se laissait convaincre d’acheter la tour Eiffel ! Avec des aigrefins aussi malins, c’est toujours la même chose : quand la police arrive, il est trop tard. Et encore faut-il qu’elle arrive, qu’elle ne se soit pas perdue en route…

Le théâtre de Guignol nous enseigne depuis l’enfance cette vérité essentielle : se moquer du gendarme est une des grandes consolations de l’existence. Le cinéma primitif appliquait déjà cette leçon en parsemant ses films d’énormes policemen que les garnements faisaient tourner en bourrique : des agents persécutés par Charlot aux escouades de flics de Mack Sennett, les fameux Keystone Cops, on en vient au cauchemar surréaliste de Buster Keaton dans « Cops », le petit homme poursuivi par tous les policiers de Chicago, qui donnera plus tard des idées à John Landis pour les « Blues Brothers ». De ces burlesques facétieux découle une longue, une inépuisable famille de flics ridicules, incapables, impuissants, inefficaces et incompétents. Le prototype existe dans la bande dessinée, ce sont les célèbres Dupond et Dupont, ces ânes bâtés à bottines a clous, épaisses moustaches et chapeaux melons — dont le plus époustouflant succédané est le stupidissime inspecteur Jacques Clouseau, l’homme à la panthère rose, qui fournit au génial Peter Sellers l’occasion de sa plus hilarante performance. La où Clouseau passe, les catastrophes se declenchent inévitablement, réussit à tout obscurcir, à tout emmêler. La police, quand c’est lui qui l’incarne, ferait mieux de ne rien faire du tout ! Hélas, pour elle, Clouseau est incontournable. Dans les histoires de détectives prives, il faut toujours un repoussoir : pour que brille le surdoué Sherlock Holmes, il faut bien que Scotland Yard soit représenté par le bêta inspecteur Lestrade. Le prestige d’Arsène Lupin exige un stupide Ganimard. On peut citer aussi, modèles de ce genre ahuri, les enquêteurs du Yard dans les deux épisodes de « L’abominable Docteur Phibes », frappés de stupeur devant les délirants forfaits du monstrueux criminel.

L’exception à cette règle, c’est Hercule Poirot : avec le melon et les moustaches dignes des Dupondt (il est d’ailleurs belge comme eux) il sauve l’honneur de la police en jouant malicieusement de son apparence balourde ! Mais n’oublions pas les fantaisistes brigades de Jean-Pierre Mocky, comme la Brigade de surveillance des églises dans « Un drôle de paroissien », dans la plus pure tradition des policiers burlesques et incapables. Faut-il souhaiter des flics plus malins ? On se le demande quand on rencontre des personnages comme Hank Quinlan, Orson Welles lui-même dans « La soif du mal », ce commissaire qui truque les enquêtes et fabrique des preuves pour coincer les suspects qu’il a choisis.
C’est l’ancêtre d’une longue galerie de flics manipulateurs, brutalisant volontiers les citoyens, qui fourmillent dans les films contestataires des années 70: Michel Bouquet dans « Un condé », Gian-Maria Volonté dans « Enquête sur un citoyen au-dessus de tout soupçon »… N’auront-ils pas un émule, si savoureux soit-il, dans l’inspecteur Lavardin que joue Jean Poiret pour Claude Chabrol ? Et si la frontière n’est jamais très nette entre la légalité et l’illégalité, on a même rencontré (au cinéma) des policiers franchement corrompus. Eh oui, des pourris, des « Ripoux » comme dirait Claude Zidi. Voila donc ce que ferait la police ? Allons, voyons, c’est du cinéma…