juil 22

Black power partie 1

Quoi de plus banal qu’un magnétoscope. Noir ou gris, en fer ou en plastique, la machine a pour principale fonction de conduire le déroulement dune bande magnétique qui vous restituera, sur l’écran d’un téléviseur, un film que vous avez choisi et que vous pourrez regarder à l’heure de votre choix. Pourquoi, direz-vous, se soucier de la marque, du design ou de ces diableries de gadgets dont vous assommez le constructeur pour justifier la perpétuelle augmentation de ses tarifs !
magnétoscope black power
Ainsi parlait le conducteur de 2 CV, qui, habitué à se déplacer d’un point A à un point B sans jamais y mettre d’affectation, ignorait que les possesseurs de Porsche ou de Ferrari ont une relation toute différente avec leur véhicule. Entre le point A et le point B de leur destination, Ferraristes et Porschistes passant par un genre de point G (voir notre article dans le dernier numéro) qui les propulse tout droit dans l’extase. Il en est des magnétoscopes comme des automobiles. Il y a les « utilitaires » communément appelles bas de gamme et il y a les must, les top-niveau, ceux qui doublent leur fonction utile, d’une fonction plaisir, aussi bien au sens tactile qu’au sens cérébral du mot. Comme le JVC HRD 725S, l’AkaÏ VS 603S fait partie de la race des seigneurs. Par l’ensemble de ses qualités et de ses capacités comme par son design, il est un appareil hors du commun.

Le look: ligne basse, encombrement réduit (44 x 10 x 37 cm), poids raisonnable (10 kg), il jouit d’un design totalement high tech, du meilleur goût, et il est habillé non de méchant plastique, mais de métal noir anodisé. La façade, à chargement frontal, est technico-élégante et ne mérite aucune critique. Il est évident que ce look doit s’assortir d’un téléviseur approprié, de génération récente pour une bonne harmonie de votre coin vidéo. Mais vous pouvez tout aussi bien (et c’est notre conseil) installer ce scope dans votre ensemble hifi, puisqu’il à une réelle vocation de magnétophone.
Les branchements : ils sont simples et pratiques. L’AkaÏ VS 603 S est muni sur la face arrière d’une sortie péritélévision qui regroupe donc sous le même câble l’entrée/sortie audio aussi bien que vidéo. Par ailleurs, 4 prises de type RCA séparées (entrée/sortie audio + entrée/sortie vidéo) directement branchées sur le tuner du magnétoscope, permettent de se raccorder à un décodeur Canal +, pour enregistrer cette chaîne soit avec le téléviseur éteint, soit en regardant un autre programme. Rappelons en la matière que AkaÏ fut le premier constructeur à concevoir des appareils directement compatibles Canal +, pour le plus grand plaisir des anti-bidouilleurs (dont je fais partie…). Toujours sur le panneau arrière, remarquons – entre l’entrée et la sortie antenne – un petit bouton poussoir qui permets d’atténuer le signal vidéo (et donc d’éviter toute saturation) lorsque vous vous trouvez à proximité d’un émetteur. Comment caler le tuner sur les chaînes TV? Un scanner le fait automatiquement. Il vous suffit de mettre chaque chaîne en mémoire dès que le scanner s’arrête dessus (16 canaux peuvent être ainsi préréglées).

juin 16

Le char de Ben Hur sans roues !

Chez CBS-Fox, un petit truc : les bandes-annonces des films passent au format cinéma, mais la cassette vidéo est recadrée Pan and scan. Chez RCV, qui représentait jusque là les grands titres Metro Goldwyn Mayer, tous les films sont cadrés Pan and scan, c’est la raison pour laquelle les roues du char de « Ben Hur » ne figurent pas sur la cassette vidéo. RCV Genève a reçu des lettres d’insultes parce que les films n’étaient pas plein écran !

le char de Ben HurChez Walt Disney, on estime que le doublage des films est plus important que le cadrage et on nous signale qu’il n’y a seulement que trois films Pan and scan au catalogue : « 20 000 lieues sous les mers », « Le trou noir » et « Le dragon du lac de feu ». GCR respecte cependant le cinéma sur petit écran et s’en glorifie : « Nous respectons le plus possible le format des films que nous éditons en vidéo, certes il y a toujours une perte minime dans les bords, mais nous nous efforçons de conserver le cadrage initial du réalisateur ». Pas étonnant que malgré les bandes noires, des films comme « Lawrence d’Arabie », « Mayerling », « Le pont de la rivière Kwaï » soient des chefs-d’œuvre du petit écran. Même avis chez René Château : « Le Pan and scan est une insulte au cinéma et au réalisateur, tous nos films vidéo restent cadrés d’origine cinéma ». Proserpine également respecte les formats cinéma en vidéo. Pour preuve, le merveilleux « Jonathan Livingston » en scope : rien à voir avec la copie américaine Pan and scan. En conclusion, il serait honnête que les éditeurs mentionnent sur leurs jaquettes aile film a subi ou non un recadrage. Cette toute petite information serait un témoignage de respect pour les cinéphiles amateurs de vidéo.., et pour le cinéma qui est, rappelons-le, le véritable géniteur de nos chères cassettes.

avr 26

Un été pourri

Un été pourriDu « Gouffre aux chimères » aux « Hommes du Président », en passant par « Absence de malice » ou « L’année de tous les dangers », le journaliste est devenu très populaire au cinéma. Il est considéré comme une sorte d’ultime héros et d’aventurier contemporain. « Un été pourri » démystifie un peu les choses — tout en restant un bon et très classique thriller — et montre qu’il y a danger à trop jouer avec le feu.

Pour obtenir le scoop informatif à tout prix, jusqu’où peut-on aller trop loin ? Le héros d’« Un été pourri », interprété superbement par Kurt Russell (« New York 1997 » de John Carpenter ou « Silkwood » de Mike Nichols), se trouve soudain prix au piège. Brave petit reporter de province américaine, il fait un papier sur le meurtre d’une jeune fille. Le papier plaît au tueur psychopathe qui décide de le prendre pour confident et de lui annoncer à l’avance les circonstances de ses prochains crimes… Le rédacteur en chef est ravi, la police plus circonspecte, mais Malcolm le petit journaleux garde le contact. D’abord, il a le sentiment d’être pris au piège malgré lui et de rendre service mais, très vite, il est enivré par le succès et perd tout sens des vraies valeurs.
Ne devient-il pas, objectivement, complice des meurtres ? Une nouvelle fois, le cinéma américain fait réfléchir en divertissant.

Willie Boy

Classique chasse à l’homme dans l’univers du western à l’état pur cow-boys et peaux rouges comme s’il en pleuvait ! Un Indien du nom de Willie Boy tue le père de sa fiancée. Ça frise la tragédie grecque. Meurtre rouge sur territoire blanc, la tête de Willie Boy est mise à prix et il ne doit son salut qu’a la fuite en avant. Robert Redford est à la tête des chasseurs de Willie Boy et ce dernier étant mêlé à une tentative d’assassinat d’un politicard pas tocard, les redresseurs de torts sont sur les dents. Willie Boy étant plus sympathique que la horde sauvage de ses poursuivants, il est difficile d’admettre que le King Redford joue les shérifs assermentés. C’est pourtant la triste réalité : le Sundance Kid se refait une réputation en passant du côté des justiciers. Heureusement que son charisme et ses yeux acier lui permettent tout.

fév 21

Retour sur le fameux 2010

2001, l'odyssée de l'espaceDepuis 2001, le vaisseau américain Discovery tourne autour d’une lune de Jupiter après que l’ordinateur de bord Hal 9000 se soit détraqué et ait refusé d’obéir au commandant Bowman. Qu’est-il devenu ? Une mission part en direction de Jupiter pour repérer le vaisseau. Où l’on retrouve Hal 9000 et ses sinistres messages…
Si «2001, l’odyssée de l’espace», le chef-d’œuvre de Kubrick jouait sur le mystère et se gardait bien d’apporter des réponses rationnelles à des questions qui ne l’étaient pas, « 2010 » tente de répondre aux questions. Il n’est pas sûr que « 2001 » méritait une suite. Cela dit, « 2010 » évite les pièges simplistes et garde l’esprit « 2001 » dans la poésie et le mystère. Pas étonnant : tout comme « 2001, l’odyssée de l’espace », « 2010 » est tiré du fantastique roman de Arthur C. Clarke, le maître incontesté de la science-fiction.

Swordkill

Au Japon, en plein 16e siècle, un intrépide samouraï combat une bande de brigands. Ceux-ci enlèvent sa femme. Il se lance à leur poursuite et, au moment où il va la délivrer, un des bandits tue sa bien-aimée sous ses yeux. Fou de rage et de douleur, il s’élance sur le meurtrier mais, blessé par traîtrise, il est précipité dans les eaux glacées du fleuve. 400 ans plus tard, un couple de promeneurs découvre son corps parfaitement conservé. Celui-ci est envoyées Californie, dans un institut de cryologie dernier cri, et le samouraï ressuscite ! Cette fois encore, il n’a pas de chance. Obligé de trucider un voleur de sabre, il doit s’enfuir et toutes les polices le recherchent. Heureusement, une jeune femme spécialiste du japonais va l’aider de son mieux… Le choc des époques et des civilisations à travers l’aventure extraordinaire de ce guerrier transplanté dans un monde dont il ne connaît rien est le prétexte d’un film remarquable, qui a bien mérité son Prix de la critique au Festival du Rus 1986 ! On vous recommande particulièrement la scène où le samouraï vient au secours d’un ancien combattant noir agressé par des loubards.
Fantastique !

jan 04

Subway

Aux derniers Césars, « Subway » a récolté toutes les nominations possibles et imaginables. Sauf le second rôle féminin.., mais il n’y en a pas dans le film. A l’arrivée, seul Christophe Lambert a vraiment été couronné, recevant ainsi un « diplôme d’amour » de la profession — et indirectement du public. « Subway » souffre d’un scénario trop ambitieux et pas assez abouti, peut-être parce que très élagué au montage final. Besson place ses personnages dans un lieu clos et laisse venir… Il sait filmer une scène mais est moins à l’aise en conteur d’histoire. « Subway » est un événement parce que le film réunit quatre « stars » et quelques tempéraments. Côté stars, il y a Adjani qui a une présence de Joconde et une beauté de Botticelli-punk qui convient plus à la couverture d’un magazine de mode qu’à un film où ça bouge et parle.

Adjani

Mais son personnage d’Héléna, chargé de susciter l’amour fou, convient parfaitement à son genre d’hiératisme séducteur. Côté stars, il y aussi Jean-Hughes Anglade, le « roller », encore très bourgeon dans ce film, mais qui explosera dans le « 37 ° 2 le matin » de Beineix qu’il a tourné l’année suivante. Côté stars, il a Fred, alias Christophe Lambert, blond, balafré et complètement fêlé. Une nouvelle fois, Lambert donne à son personnage une emphase physique et émotionnelle qui vous saisit comme un ouragan. La dernière star, c’est le métro devenu une gigantesque résidence secondaire, pour les échappés de la nuit, un palais de couloirs labyrinthiques et de portes cachées ouvrant sur d’autres univers. Il se passe toujours quelque chose dans le métro… Il y a aussi les « tempéraments », ces rôles secondaires qui donnent son atmosphère au film : Richard Bohringer, Michel Galabru, Jean-Pierre Bacri, Jean Bouise, etc. Avec tout cela, on se fiche un peu que l’intrigue ressemble à un polar-western de second ordre !

jan 04

La chair et le sang

La chair et le sangA la fin du Moyen-âge, à l’aube de la Renaissance, quelque part en Europe… Une bande de soudards mercenaires participe au siège d’une ville puis, au moment du pillage tant attendu, ils sont chassés par leur employeur, désarmés et dispersés par les troupes régulières. Dénichant par hasard une statue de Saint-Martin, ils y voient un signe du destin et, conduits parus prêtre fanatique et sans scrupules, décident de se venger. Ils attaquent un convoi et s’emparent d’une princesse qui était promise au fils du seigneur qui les a grugés. Forts de cet otage, ils vont commencer leur irrésistible ascension… Voilà décidément un film historique pas comme les autres ! La cruauté, la violence et le cynisme remplacent ici les idéaux de la chevalerie et autres fariboles héroïques c’est dire que Paul Verhoeven a plus de chance d’être proche de la vérité… Finis les feux communs qui nous firent rêver quand Hollywood régnait sans partage. Le réalisateur hollandais de ce « Flesh and blood », très à l’aise dans les scènes de bataille et de saccage, nous offre surtout une vision originale d’une époque où la civilisation émergeait à peine de la sauvagerie. Quant à l’érotisme, il est cru et sans concession : le rôle d’Agnès (Jennifer Jason Leigh) sort de l’ordinaire !

La comtesse aux pieds nus

La comtesse aux pieds nusIl pleut sur un cimetière italien. La caméra s’avance, glissant doucement vers une statue blanche, qui représente une très belle femme aux pieds nus. La comtesse qui vient de mourir, c’était Maria Vargas. Autour de sa tombe, les acteurs et témoins du drame vont évoquer la vie passionnée de cette star d’Hollywood qui aura, toute sa vie, cherché le Prince Charmant… « La comtesse aux pieds nus » reste un véritable film-culte pour les cinéphiles. D’abord à cause de sa construction audacieuse : une série de flashes-back qui partent de l’enterrement de l’héroïne et qui racontent sa vie avec des chassés-croisés, rompant subtilement avec la chronologie. Ensuite, à cause du glamour irrésistible d’Ava Gardner, et à cause de la lucidité désespérée de Bogey dans le rôle du metteur en scène qui sera toujours son ami le plus intime. Enfin, parce que c’est le monde fascinant du cinéma qui est le thème principal de cette œuvre superbe, qu’on ne se lasse pas de voir…